Amis du Congo, chers compatriotes,
J'ai suivi tous les travaux de la conférence de Goma et je sais par quelles tractations la signature de cessez-le feu a été arraché aux béligérants de nos régions en fin de semaine. Elle fut arrachée aussi à Kagamé en route vers Kigali. Sur le terrain, le peuple était chauffé à vif et la haine de l'autre était à son plus haut niveau. Il a fallu un déclencheur pour faucher les coupables. Tous étaient coupables. De ce côté-là, il arrive qu'on ait cette impression que nos compatriotes pensent que nous sommes si éloignés que nous ne pouvons d'aucune manière maîtriser les enjeux sur le terrain. C'est mal connaitre comment le monde et les enjeux mondiaux fonctionnent actuellement. Aujourd'hui, n'est plus le temps de tourner autour du pot, j'arrive au constat que chaque fois j'ai été plus loin dans la compréhension des enjeux, aussitôt je voyais ceux qui étaient assis face-à-face à discuter sur la réalité qui prévaut au pays...marcher lontemps sur place. Je n'ai jamais quitté ce continent et plus particulièrement ce pays, le mien que je visite chaque nuit.
J'ai assisté à la conférence d'hier à Montréal concernant l'Afrique des grands lacs: les défis de la société civile. Comment dirais-je, déçu par ce spectacle où on évite d'accuser et identifier les coupables...diplomatiquement, j'espère, qu'ils seront invités à plus d'humanitié mais nous savons déjà d'avance que l'argent n'a pas de coeur. Un rendez-vous à moitié manqué quand en plus on a des alliés disposés à prendre le relais. D'une part, on reconnait les pratiques inadmissibles, qui privent le peuple des moyens de ses richesses; ces sociétés coupables sont évoquées par une pudeur consommée, elles sont aussi condamnés par des associations canadiennes et autres firmes étrangères, de l'autre côté, on tente de convaincre que les choses sont sous contrôle. C'est nous prendre pour des poires et refuser de prendre nos responsabilités. Que gagne les congolais dans les revisitations, relectures, revisions... comme si les seules revisions ne suffiraient pas pour ensuite passer à l'étape de reéquilibrage des droits, restituant le manque à gagner perdu dans le flou artisitique installé par le plus fort!
La préoccupation qui m'habite depuis déjà quelques années, plus précisément depuis la folie de Nkunda et son compère Mutebusi à Bukavu, j'ai allerté en donnant selon mes analyses, la chronologie des opérations... notamment le retranchement stratégique, l'occupation et ensuite l'érection d'une enclave, et éventuellement la demande de scission proprement dite du territoire retranché, pour annexion au Rwanda. Nous avons assisté à toutes ces étapes. À l'origine c'était Minembwe, moins riche que le Masisi. Quand on décortique les conflits internes de cette communauté car il est question de carte tribale, la branche militaire au Nord de Goma dans les Masisi, d'où nous indentifions la présence de longue date des éxilés de 1959 a marqué des points, ce fait de guerre qui la positionne comme force...pendant que les tenants de Minembwe plient. Pas pour longtemps hélas. Autant alors consolider les forces... c'est ce que Ruberwa joue quand il annonçait la guerre qui ne sera pas gagnée. C'était évident pour toutes les failles qu'on connait. On ne saura peut-être pas qui a trahi nos hommes en uniformes pour se faire massacrer... L'essentiel du jeu d'échec est dans les opérations. Je cède une tour pour mieux coincer le roi. Ce sont les échecs... qui joue aux échecs parmi ces hommes?
La communauté tutsi, manipulée depuis l'époque coloniale jusqu'à nos jours a cru à la version du colon. Il est plus intelligent, plus fiable, plus apte à gouverner etc...
Toutes ces prétentions ont alimenté un mépris chez beaucoup qui ont sans doute pris soin d'oublier le chemin d'hospitalité qu'ils ont parcouru en territoire Zaïrois et Congolais qui les a adopté d'office comme frères et soeurs à part entière...donnant à d'autres un tremplin vers occident. Les hositlités d'hier ont montré ce que les uns pensaient des autres et c'est bien ainsi.
La réalité c'est que dès la prise du pouvoir au Rwanda par les exilés d'hier en marge des massacres calculés qui ont meublé cette marche maccabre vers le pouvoir, le congolais fut oublié dans ce même chapitre des massacres exportés sur son territoire, lui même s'est oublié et il est plus ou moins banni d'avoir hébergé des criminels qu'il n'a pas invité. Ce n'est pas le fruit d'un hasard si les congolais se font refuser des visas vers l'occident plus que n'importe quel autre ressortissant. C'était le cas hier pour ceux qui devaient conférer à Montréal cette semaine. D'une guerre armée à la guerre diplomatique, nous n'avons pas fini de signer des cessez-le feu pour restituer à notre peuple sa dignité bafouée.
Maintenant que le tutsi a usé de toutes les ruses pour s'identifier comme peuple en danger, tous les droits ou presque leur sont acquis. C'est se moquer de l'histroire du monde quand on connait la version authentique des évènements.
Le constat de mes analyses n'exclue pas un autre massacre, fait qui s'inscrit dans la génèse de l'histoire rwandaise faite des massacres, haine générationnelle, rancunes et mensonges qui ont offert un spectacle des plus sales et des plus dégradant dont est capable l'être humain. Dès que les tutsis n'auront plus le contrôle du pouvoir au Rwanda, leurs atrocités d'aujourd'hui leur seront servi en double par leurs opprimés d'hier. Pour conserver ce pouvoir, ils n'auront pas le choix d'user des méthodes peu recommandables comme l'arbitraire qui est déjà décrié aujourd'hui. Esperons que la conférence de Goma ait servi à éloigner ce démon de la vengeance.
C'est ici où je vais en venir. LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE N'EST PAS DUPE SUR TOUT CE QUI S'EST RÉELLEMENT PASSÉ AU RWANDA ENTRE 1990 À 1994. ELLE A DONC INTÉRÊT À CONSOLIDER CE MENSONGE ET AU BESOIN LUI TROUVER UN PAYS. ELLE SAIT QUE LE POUVOIR TUTSI TOMBERA ET CE MOMENT SERA GRAVE, TRÈS GRAVE. Cest ainsi que le schéma de trouver une enclave, jadis pour mettre à l'abri ces tutsi victimisés...et dans l'éventualité POUR Les dupes, l'annexion au Rwanda. UN FAIT À RETENIR. Les calculs ont changé en cours de route car on ne peut convertir des concessions minières en camps pour réfugiés... sur le territoire d'un géant qui n'a pas d'autre choix que de grandir. Grandir en puissance et en influence est une notion qui parfois échappe à beaucoup. Si nous avons l'air de marcher sur place, c'est parce que nous désertons les tables où nous pouvons clairement imprimer notre influence. Beaucoup seront appelés demain à montrer leurs mines dont les ressources sont côté en bourses. Que fait-on quand la mine en question est virtuelle? Fin de parenthèse.
La formule la plus efficace donc, consiste dans le sens des opérations, de soustraire au gouvernement hôte ses prérogatives et juridictions pendant toute la durée de l'établissement de LA ZONE TAMPON. Quelle superficie et pendant quelle durée, on ne sait pas... dit-on qu'aucune activité économique, aucune construction permanente ne doit s'opérer dans ce territoire? L'enclave circonscrite peut devenir n'importe quoi à partir du moment où l'isolement effective la met sous juridiction de la communauté internationale... ce qu'il faut absolument éviter.
CETTE PAIX RELATIVE NE L'EST DONC QUE POUR UNE PETITE PARTIE DE LA POPULATION, ET MALHEUREUSEMENT, IL S'AGIT DE CELLE QUI SE DÉSOLIDARISE DU POUVOIR ÉTABLI. Je m'explique, dès qu'un État est mis en situation de renégocier l'application du droit sur son territoire ou une partie, ces institutions ne sont pas en paix. Entre temps, il a été promis de rehabiliter ces entités meurtries, ce qui les rendra plus viables au plan humain, bien avant les autres secteurs de la république et aiguisant ainsi d'autres appétits...d'autres ressentiments. Faire la guerre pour se faire indemniser... sera une mauvaise lecture pour les plus bêtes et Dieu sait que nous en avons sur ce territoire béni des dieux.
En l'absence d'interlocuteur crédible pour faire face au gouvernement congolais, répondre du refus d'obéir aux lois de la république, la communauté internationale vient donc de s'établir comme la porte d'entrée et de sortie, la frontière entre les communautés des nord et sud kivu( entendons les tutsi et le reste du peuple congolais). Ce n'est pas aujourd'hui que nous allons questionner la crédibilité de cette organisation qui opère désormais comme une mafia dont les conflits d'intérêts l'empêchent de faire exclusivement le travail lui assigné, en l'occurence, celui d'agent pour la paix.
En façade, le geste obtenu est beau et même salué... Le rappel ne doit pas attendre. Le pouvoir de l'état congolais doit demeurer effectif et sur la zone tampon autant que sur les enclaves occupées par tous les insurgés.
Plus que jamais, nous nous sentons ce devoir de limiter son champ d'action tel que d'autres nations puissantes l'ont fait. Cette entité des nations-unies, a fait très souvent preuve de partialité envers le continent noir et il est temps aujourd'hui de dire clairement que les ententes obsures visant à isoler une partie du territoire congolais sont désormais dévoilés. Nous exigerons la même promptitude pour désarmer les réfugiés armés en liberté chez nous. C'est cette seule logique qui prouvera que la mission d'acompagnement tient à boucler la question d'insécurité et libérer toutes les issues ouvrant au développement de notre pays.
Nous serons disposés en tout temps pour accompagner le gouvernement dans toutes ses démarches et ambitions pour prendre toutes ses précautions et mettre un frein dès le premier instant où l'application de sa juridiction se touvera affectée par quelque acte que ce soit par la mission d'accompagnement en place chez nous d'aujourd'hui et demain.
Merci de faire large diffusion et au besoin, enrichir ce processus d'analyse.
Fraternellement Chryso

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